La région de Loikaw (Etat Kaya) au sud du lac Inle.

La région de Loikaw (Etat Kaya) au sud du lac Inle.

Récit de voyage par Corinne Korchinsky

Au cours de mes différents voyages à travers le pays, j’ai pu rencontrer bon nombre d’ethnies différentes, avec leurs coutumes, leurs traditions et leurs costumes traditionnels.


photo1A Loikaw, j’ai eu la chance de rencontrer par hasard des familles qui comptent encore des femmes au long cou. J’ai été invité à partager le thé et quelques sucreries. Pour ces familles, c’est un honneur que de recevoir des personnes qui consacrent un peu de leur temps pour un échange. Avec un polaroïd, j’ai pu leur laisser un souvenir de mon passage et, comme par magie, le village s’est rassemblé autour de la maison :tout le monde cherchait à me voir, me toucher, me faire des cadeaux.

Dans un premier temps les enfants curieux montaient sur des charrettes ou des arbres pour m’apercevoir. Dès que je m’approchais d’eux, telle une envolée de moineaux, même les plus hardis partaient en courant pour revenir aussi vite.


photo3Le jeune garçon de la famille court dans le jardin. Sa mission : me rapporter des sauterelles et des grenouilles pour me les faire griller. Un immense plaisir, un honneur en ce jour particulier.

Les femmes Padaung


photo6Les femmes aiment raconter leurs traditions : pourquoi porter ces anneaux dès le plus jeune âge, autour du cou, des bras et des jambes, soit plus de 20 kilos. Ces anneaux abaissent les clavicules, ce qui donne la fausse impression que le cou a été artificiellement étiré.
http://www.buddhachannel.tv/portail/spip.php?article1151

Plusieurs versions sur l’origine de cet accoutrement existent. Selon une hypothèse, les hommes auraient voulu donner aux femmes une allure bizarre pour éloigner les hommes des autres tribus ; ou bien c’était pour se protéger des attaques et morsures des tigres quand elles travaillent dans les champs. Des légendes ? Des vérités ? C’est maintenant leur façon d’être belles et elles en sont fières.


photo7Dans cette région de Loikaw, au sud du lac Inle, les rencontres se produisent au cours de promenades. Rien n’est programmé : les familles vivent tout simplement comme tous les jours. Le hasard fait bien les choses : j’ai été invitée à monter sur un char à bœufs. Mon dos est massé par les soubresauts de la piste. Il nous faudra une demie heure pour accéder à ce village excentré. La jeune fille de la maison mettra plus d’une heure pour revêtir le costume de sa grand- mère en mon honneur. Pour cette famille, ce jour n’est pas un jour comme les autres : des souvenirs, des histoires à transmettre, quelques photos polaroïdes pour décorer la maison et, pour moi, des images et des émotions à jamais gravées dans mon coeur.
Etrange : une femme de 30 à 40 ans a porté les anneaux pendant longtemps. Elle les a retirés, dévoilant un cou particulièrement long. Mais sa nuque ne se brise pas, contrairement à ce que l’on pourrait craindre. C’est son choix : ce qui génial, c’est qu’il existe.

Pour finir, la remontée en bateau privé vers le lac Inle est inoubliable en raison des paysages de rêve traversés, comme on peut à peine se l’imaginer.
photo4Corinne, présidente de l’association Isatanaka.
http://aidebirmanie.blogspot.com/