La région de Hsipaw et information sur le thé

Vous avez dit Namsham ?…

Tout commence à Hsipaw comme dans un mauvais SAS.

Tirés des tentacules envahissants de Mr. Charles (Petit hotel qui a tendance a s’approprier tous les voyageurs de passges), dans l’ombre de l’arrière-boutique de Mr. Book, je me vois remettre un papier griffonné en cachette, avant de nous catapulter sur la benne d’un antique GMC chargé d’une montagne de sacs de riz. Dans quelle aventure nous sommes-nous fourrés ? Que cachent les 3000 kyats réclamés par le camionneur pour cette odyssée ? Il est 11 heures 30, et nous démarrons sur une piste où subsistent quelques plaques de goudron d’un autre âge.

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Au fil des miles, tout s’éclaire : les sacs de riz s’avèrent d’un confort inespéré, ils amortissent à merveille le chaos, et la vue est panoramique et somptueuse. D’abord savane sèche parsemée de grands tecks, la piste attaque vite ( ?) la montagne sous les bambous omniprésents. Nous n’en revenons pas : à mi-pente, la forêt défrichée découvre sur des dizaines d’hectares des plantations de théiers dont les plus vieux dépassent le siècle. La pente est raide, 45° pour les champs, 10 à 20 pour cent pour la route. Le camion peine, souvent à 2-3 km/heure et en première. La nuit approche. C’est encore loin Namsham ??

A 18 h. 30, nuit noire, une roue crève. A la bougie ( !) l’équipage la remplace en moins d’une demi-heure. Sans un juron, sans un bruit. Tout paraît si simple… Merveilleux birmans.

A 20 h. 30, entrée au far-west, dans un village endormi à l’unique rue centrale : Namsham. Il manque un air d’harmonica.

Les camionneurs sont heureux (et nous aussi) : ils nous déposent chez Daw Saw Mya, notre hôtesse pour quelques jours. Elle lit le mystérieux papier : sourires, débrouillardise, sourires encore. Tout est fermé, mais qu’importe : U Shwe Tun nous rouvre sa porte, pour nous préparer instantanément un riz frit. Nous dormirons cette nuit sur de bons sommiers et matelas en bois !

Hsipaw est loin derrière nous, 900 mètres plus bas, à 8 heures de piste d’ici. Demain sera un autre jour.

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Le lendemain matin, dans la brume du petit jour, Daw Saw Mya frétille de son petit minois. Elle veut nous suggérer un programme, dans un mélange sommaire de langues Shan, Palaung et birman difficile à décrypter. Quelques sourires plus tard, nous embarquons sur une Jeep, lestée de onze personnes, avec sacs et bagages. Destination inconnue. Vaguement compris qu’il s’agissait d’une fête bouddhique dans un village perdu « derrière la troisième montagne, là-bas… ». Soit, mais la montagne en question est à 4 heures de mauvaise piste. Qu’importe, nous sommes désormais blindés (*). En fait, la piste presque horizontale serpente à flanc de montagne, d’un village à l’autre : une dizaine au total, tous bâtis en lignes de crêtes. La poussière soulevée n’effarouche ni les chiens, ni les cochons, ni les enfants qui nous saluent d’un « ta-ta » souriant.

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Nous sentons que l’excitation gagne les passagers, tous de la famille de Daw Saw Mya. Nous comprenons pourquoi en arrivant : c’et la première fois qu’ils se rendent à cette fête. Et quelle fête !

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Des milliers de villageois ont fait le déplacement des montagnes alentour, souvent à une journée de marche : gargotes improvisées, ventes de fripes et de jouets, tables de jeux de hasard (encore sévèrement réprimés voici quelques années). Moines, moinillons et nonnettes, femmes Palaung en costume traditionnel, absolument toute la population est ici pour s’amuser. Au rythme de percussions, des hommes encouragés par la foule exécutent des contorsions ressemblant à des katas de tai-shishu. Mais voici le clou du spectacle : un traîneau d’une dizaine de mètres sur lequel a été construit une pagode. Les groupes de femmes dansent lentement autour du chariot. De part et d’autre, trois énormes cordes de 50 mètres tressées en fibres de bambou sur lesquelles tous vont se jeter au signal, essayant d’emmener l’attelage dans leur camp. Chaque victoire est comptabilisée. Le soir, l’équipe gagnante aura le privilège de mettre le feu au saint chariot. Pour l’instant, dans la poussière et la musique nasillarde poussée jusqu’à la distorsion, on sent la joie partout. Demain, chacun rentrera chez soi.

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Nous reprenons la piste. Nous ne saurons finalement jamais le nom du village… Pas un mot dans la Jeep. Chacun est heureux. Fourbus mais heureux. Nous comprendrons au retour à Namsham que nous sommes les premiers étrangers à avoir participé à ces festivités.

Alors, ça vous tente, une virée à Namsham ?

(*) quel que soit l’âge du voyageur, une ceinture de soutien renforcée type « motard » est fortement conseillée pour ce type de piste

 

Le Thé: toute une culture.

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Dire qu’à Namsham le thé est omniprésent est un mot faible ! Il est la vie. Dans les champs, mais aussi partout en ville : sur les trottoirs à sécher au soleil, dans les petites usines, dans les maisons. A voir la qualité des maisons en ville comme dans les villages plus reculés, il est évident qu’il procure une aisance certaine à tous ceux qui en vivent.

Mais le thé ici, ce n’est pas seulement la boisson standardisée de M. LIPTON. On le boit certes, mais de diverses manières, et on le mange aussi !

A Namsham comme ailleurs en plaine, trois saisons répartissent les activités.

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  • En Avril-Mai, avec les grosses chaleurs, de nouvelles feuilles apparaissent : on les cueille toutes jeunes et tendres. Deux destinations possibles :
    • les plus tendres sont hachées, rôties et séchées : c’est le thé noir, le plus prisé. Il rapporte 500 kyats le kilo (frais) au paysan, et se vend 2000 kyats en sortie d’usine, prêt à consommer.
    • Les autres feuilles fraîches sont passées à la vapeur, malaxées puis séchées au soleil : c’est le thé vert ou thé chinois. Pour le consommer, on le fera rôtir à la poêle une minute, puis infuser dans l’eau bouillante. Il rapporte 300 kyats le kilo au producteur, et 1800 kyats à l’usine.

    Vient la mousson en juin, et la végétation pousse vite.

  • En Juillet-Août, puis en Octobre-Novembre, les nouvelles pousses de 10 à 15 cm sont cueillies entières. Etuvées deux minutes, puis malaxées trois minutes, enfin refroidies dix minutes, elles sont entassées dans de gros paniers en bambou, pressées par de grosses pierres pendant trois mois. Elles sont alors prêtes à être consommées : c’est le pickled tea ou thé fermenté. On les sèche aussi au soleil. Elles seront alors vendues tout au long de l’année pour la cuisine (préparées en salade avec ail, arachides pilées, huile, tomate et sel).

La saison « creuse » est occupée à entretenir les champs, à réparer la maison et à rentrer le bois pour cuisiner le reste de l’année. On ne chôme pas, à Namsham, chez les Shwe Palaung et Ngwe Palaung.

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Paul Henquinez ( texte et photos ) a été base en Birmanie quelques années et avons toujours partage nos passions de voyages, de retour en vacance il vous fait part de son aventure.

Connaissant pour ma part cette région je vous confirme cette destination interessante encore vierge d’un tourisme de masse, difficile a atteindre et qui ressemble beaucoup a la region de Mogkok.

Contacte voyageur
6 février 2007
[email protected]

Pour ce voyage, Gulliver vous l’organisera a Partir de Mandalay avec un guide spécialise de la région , le transport sera certainement différent et plus confortable mais la route reste la même.

Vous pouvez nous contacter pour plus d’information.

Herve Flejo