Les différentes ethnies

La Birmanie se divise en sept régions administratives (Ayeyarwady, Bago, Magway, Mandalay, Sagaing, Tanintharyi et Yangon) et sept États (Chin, Kachin, Kayin, Kayah, Mon, Rakhine et Shan). Chaque État ou division se subdivise en villages, communes et districts.

L’état birman, né des frontières que lui a laissées la Grande-Bretagne, englobe plus d’une centaine d’ethnies dont les principales sont les Birmans (75%) les Shans (11 %), les Arakans ou Arakanais (6 %), les Karènes (5 %), les Môns (3 %), les Kachins (2,5 %), les Chins, les Karennis (Kayahs), les Lahus, les Rohingyas, les Gurkhas, les Padaungs, les Méos (Hmongs), les Nagas, les Akhas, les Lisaws, les Kadus, les Was, les Mokens (ou Mawkens), etc. Le pays compte aussi 150 000 Chinois et 800 000 Indiens.

Ces différentes ethnies peuvent être reparties en quatre groupes qui sont les Tibéto – Birmans, les Môn – Khmers, les Sino – Thaï et les Karens.

Les Tibéto – Birmans regroupent la majorité des Birmans et plus de trente autres groupes tribaux comme les Rackine, les Chin, les Kachin, les Lisu, les Lahu et les Akha.

Les Môn – Khmers se composent pour l’essentiel de Môn, vivant dans la région du golf de Martaban, ainsi que d’autres groupes plus petits résidant dans le nord comme les Inthas, les Palaung et les Wa.

Les Sino – Thais sont en majorité les Shan vivant dans le Nord. Enfin, le groupe des Karen englobe les nombreuses tribus Karen et Kayah qui vivent dans la région frontalière avec la Thaïlande.

Les Birmans, cristallisent l’hostilité de tous car ils sont les plus nombreux (75% de la population). Ils sont propriétaires de la majorité des terres et tiennent les rennes du gouvernement actuel. On les retrouve autour de Rangoon, dans le bassin de l’Irrawaddy, à Pegu, Magwe, Mandalay et Sagaing, mais aussi dans l’état d’Arakan, l’état mon et le Tenasserim. 70% de la population vit dans ces territoires. Ces Birmans sont le plus souvent des riziculteurs, habitant des maisons sur pilotis en bois et en bambous à toit de chaume. Ils portent un vêtement drapé aux hanches et enduisent leur visage et leurs joues d’une poudre jaune, appelée le thanakha, provenant d’une écorce de l’arbre du même nom.

Les Môns, autrefois groupe dominant ont été supplantés par les Birmans. La plupart des autres groupes Môn – Khmers vivent dans la péninsule Indochinoise, au Vietnam, au Cambodge et au Laos.

En Birmanie, on les retrouve surtout dans les environs de Moulmein et de Pegu. Ils sont environ un million et leur culture s’assimile en grande partie à celle des Birmans. Ils ont été intégrés à l’Union du Myanmar depuis la prise de pouvoir par Ne Win en 1962. Bouddhistes fervents, ils suivent le calendrier Théravadin et vénèrent les nats. Dans leurs villages, généralement entourés de palissades, on trouve des monastères et sanctuaires dédiés aux nats.

Les Karens sont 2 ou 3 millions à vivre en Birmanie mais sont dispersés sur le territoire. On distingue trois groupes : les Pwos que l’on trouve dans les deltas et les basses terres, les Sgaws, parmi lesquels on retrouve les Pa O, les Pa Kus ou Karens Blancs et quelques autres tribus des collines et enfin les Bwes, auxquels appartiennent les kayahs, (ou Karens rouges) les Karens Noir, et quelques groupes isolés dans les montagnes.

Les Chans sont environ 2.5 millions d’habitants. Ce mot signifie «  peuple libre ». La majorité de la population est bouddhiste, ce qui les distingue des autres populations montagnardes qui sont généralement animistes. Ils sont les premiers producteurs de fruits, de fleurs et de légumes du pays grâce à un étonnant système d’irrigation qu’ils ont aménagé dans les vallées. Ils se reconnaissent à leurs turbans, aujourd’hui faits d’une simple serviette éponge. Les hommes arborent le plus souvent de larges pantalons bleu foncé ou noirs, drapés à la ceinture, plus connus sous le nom de pantalons chans. Les femmes s’habillent jusqu’à l’âge de quatorze ans d’une blouse et d’un pantalon, puis adoptent des jupes colorées. Quand arrive la quarantaine, elles ne se vêtent plus que de noir jusqu’à la fin de leur vie.