Faites la différence (témoignage d’une résidente)

Votre visite ici peut faire la différence. Que ce soit dans le bon sens…

Cela fait six ans que la Birmanie est entrée dans ma vie, six ans que j’habite Rangoun, six ans de fascination pour ce pays magnifique. A tous les amis venus en visite, j’ai posé la même question « qu’est-ce qui vous a le plus fasciné ici ? » Tous, sans exception, m’ont fait la même réponse « les gens ». Et est-ce que ça ne devrait pas être « Faites la différence » ?

Oui, les gens, leur gentillesse, leur spontanéité, leur chaleur, leur simplicité.

C’est pour ça qu’ayant vu les dégâts que le mauvais tourisme peut faire dans d’autres coins du monde, je me dis qu’il faut agir avant qu’il ne soit trop tard en Birmanie. Il y a des années, les guides touristiques enjoignaient de ne pas donner de bonbons, mais des crayons. Un moindre mal. Aujourd’hui, c’est un mal tout court. Les gamins vous assaillent “one pen, onepenonepen”, une telle ritournelle qu’un de nos amis a un jour cru que c’était comme ça qu’on disait « bonjour » en birman. On demande aussi du savon, du parfum, du rouge à lèvre. Naïfs sont ceux qui croient que cela servira à l’enfant ou à sa famille : on monnaye ces denrées rares aux voisins. En soit ce n’est pas bien grave, direz-vous. Non, pas grave….sauf que les gamins ne vont plus à l’école, ni, dans certains coins, les paysans aux champs, parce qu’on gagne plus en tendant la main. Sauf qu’un jour, comme c’est arrivé ailleurs, les mains se tendront tellement souvent que ça en deviendra exaspérant, que les touristes finiront par fuir, et que les gens se retrouveront sans rien.

Tout acte a des conséquences. C’est la loi du Karma enseignée par le Bouddha. Avant de donner, réfléchissons. Pourquoi donnons-nous ? Quel est notre but ? Voulons-nous aider, ou nous donner bonne conscience ? Faire plaisir sur le coup, en se faisant plaisir, ou apporter notre petite pierre à un édifice solide que les communautés construiront par et pour elles-mêmes ?

Donner intelligemment est possible. Facile même. Tout village birman a son monastère, où un ou plusieurs moines y enseignent les textes du bouddhisme, mais aussi les bases de l’instruction, aux enfants des familles les plus démunies. Certains y passent toute leur enfance, d’autres quelques années, nourris et logés, instruits. Il existe aussi de nombreuses associations caritatives organisées par et pour des birmans. Projets d’adduction d’eau, de micro crédit, santé, éducation. Gulliver Travels tient leur liste à votre disposition.

Donnons-leur la main, ne les encourageons pas à la tendre.