Venir ou pas venir

La question de se rendre ou pas en Birmanie est légitime. Mais pour d'autres pays on ne se la pose pas alors qu'elle l'est tout autant. Pour ne parler que de l'Asie, est-il légitime d'aller dans un pays où pourtant des milliers de femmes sont brûlées vives chaque année dans une indifférence médiatique criante? Ou d’autres, qui jouissent d'un engouement touristique important mais qui n'en demeurent pas moins encore des dictatures où les minorités ethniques connaissent un sort peu enviable? La liste est longue et nous en resterons là car l'objectif de ces quelques lignes n'est pas de noyer les exactions du pouvoir birman au milieu des exactions des régimes voisins. Tout au mieux de donner des pistes de réflexion sur la légitimité de la stigmatisation de la Birmanie.

Et si la question de se rendre ou pas en Birmanie est légitime, les réponses péremptoires et moralisatrices le sont moins. Car personne n'a le monopole de la légitimité pour se rendre ou non en Birmanie.

Nous pas plus que les autres, ni moins.

Car venir en Birmanie est finalement une affaire de choix personnel, de responsabilité individuelle. Notre choix est d'y vivre en bonne conscience, d'y travailler, et d'y travailler avec les Birmans. Mais pas seulement.

Au-delà, notre philosophie est que le tourisme constitue en Birmanie un cordon ombilical avec le monde extérieur, une opportunité d'échanges interculturels et de connaissances réciproques.

Pour nous qui vivons et partageons à notre niveau le quotidien birman, ça n'a pas de prix.