Escapade a Prome. (Pyay)

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Malgré les pluies continuelles déversées par la mousson au cœur de ce mois de juillet 2011, j’accepte de bon cœur l’invitation d’Hervé et de sa petite famille de les accompagner pour une escapade vers la ville de Pyay (ou Prome). Capitale du premier royaume de la Birmanie fondé par les Pyus vers le 1er siècle avant JC, cette paisible ville située au bord du fleuve Irrawaddy à environ 300 km au nord de Rangoon, mérite qu’on y consacre du temps.

Après une rapide collation dans l’appartement qui surplombe le lac Inya et offre une vue magnifique sur la pagode Shwedagon, nous nous engouffrons dans le mini-bus de Gulliver fraichement importé de Thaïlande, ou d’ailleurs. Bien installés dans ce véhicule au confort, inhabituel pour un pays plutôt habitué à des carcasses motorisées surannées, nous nous laissons guider par la conduite alerte et attentive d’Hervé, ponctuée de temps en temps par les exclamations horrifiées de son chauffeur installé à l’arrière, lorsqu’Hervé ne parvient pas à éviter un des nombreux nids de poules qui parsèment la route. Il me semble que ce garçon ressent une véritable douleur physique lorsque l’amortisseur fatigué vient buter contre la carrosserie. Je me dis qu’il doit être un bon chauffeur.

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Une fois passé le péage de Htaukkyant au nord de Rangoon, nous ne croisons que très peu de voitures. On dirait que tout le parc automobile de ce pays est concentré dans les villes de Rangoon et de Mandalay. Par contre, à part quelques rares sortes de motoculteurs à trois roues entraînés par des moteurs à deux temps, nous dépassons régulièrement des engins non motorisés poussés ou tirés grâce à la force de bras, de jambes ou de pattes. Des charrettes entrainées par des buffles et pilotées par des couples de paysans. Des femmes cyclistes acrobates tenant leur guidon d’une main et leur parapluie de l’autre. Une variété incroyable de piétons et de piétonnes coiffés de jolis chapeaux pointus traditionnels pour se protéger de la pluie. D’autres encore se couvrent la tête de sacs plastiques, mais tous et toutes portent, tirent ou poussent des charges de poids variables. Sur les bords de la route on vend et on achète des fruits, des légumes, des poulets, du riz, des sacs, des bouteilles d’essence, des chapeaux, des tongs, de l’eau, de la bière et du bétel.

Des rizières regorgeant d’eau dans lesquelles travaillent des hommes et des femmes l’échine recourbée s’étendent à perte de vue. De temps en temps des oasis de verdure abritant des monastères et leurs moines habillés de robes safran se détachent. Malgré un daltonisme congénital et handicapant, je ne peux que ressentir une forme de ravissement à la vue de ce spectacle de couleurs sur fond de ciel nuageux gris-bleuâtre et menaçant.